Monnaies locales complémentaires

20 euros = 21 Roues : Augmentez votre pouvoir de consom’action !

MONNAIES LOCALES : L’opération « La Roue en + » augmente votre pouvoir de consom’action

Affiche_[LaRoueEn+]Dès maintenant, les utilisateurs de la Monnaie Locale Complémentaire « LA ROUE » peuvent obtenir 21 roues pour 20€ échangés, soit 5% de plus*.

1 roue « bonus » par tranche de 20€ !

Tous les particuliers peuvent en bénéficier. Il suffit de rejoindre l’association Monnaie en Pays salonais et adhérer aux principes éthiques de la monnaie locale.

En utilisant la Roue, les consommateurs valorisent les circuits-courts favorables à l’emploi non délocalisable et à la réduction des émissions polluantes.

 

*opération limitée en volume et dans le temps

En savoir plus sur la monnaie locale complémentaire

 

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Assemblée Générale « Monnaie en Pays Salonais » – 22 mars – MVA

L’Assemblée Générale « Monnaie en Pays Salonais » se tiendra mardi prochain, le 22 mars 2016.
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“MONNAIE EN PAYS SALONAIS”

LE 22 MARS 2016 – à partir de 18h30

(démarrage de la réunion à 19h00 précises)

A la MAISON de la VIE ASSOCIATIVE

55 Rue André-Marie AMPERE à SALON de PROVENCE

Si vous ne pouvez pas vous y rendre, merci de nous faire parvenir votre pouvoir reçu par mail.
Et merci pour la belle soirée du 17 mars, le 1er Apéro’Roue au Studio Terre d’Images.

Projection de « Devises Citoyennes » – Utopia Avignon – Jeudi 24 septembre

La monnaie locale fait parler d’elle !

Pour comprendre l’intérêt de l’utilisation d’une monnaie locale complémentaire et rencontrer ceux qui utilisent la Roue

 

Devises Citoyennes

Devises Citoyennes

 Projection du film « Devises Citoyennes »

 Utopia Avignon

 Jeudi 24 septembre

 A 20h30 

 

 

 

La projection sera suivie d’une rencontre avec Roger Fernandez, fondateur de SEVE/La roue et Benoist du Crest, agro-économiste, représentant de SEVE au Conseil de quartier de Montfavet.

Toutes les informations sur la page internet d’Utopia :

« Devises Citoyennes » à Utopia Avignon

 

 

 

Monnaie locale complémentaire

Le Pays salonais a dès à présent sa monnaie locale : la Roue !

Nous voulons dynamiser l’économie de proximité et favoriser la relocalisation tout en défendant une certaine Éthique.
La participation d’un grand nombre d’entre vous est un commencement  de réponse POSITIVE à la crise financière et de société que nous traversons.

– Lien vers l’annuaire des professionnels qui utilisent la Roue

Vous êtes un professionnel, vous voulez accepter des paiements en roues et faire circuler la monnaie locale
Vous êtes un particuliers, vous souhaitez faire vos achats en Roues

Téléchargez ici les documents concernant la Roue :
– Plaquette de présentation pour les commerces : La Roue
La Charte
– Guide des bonnes pratiques éthiques et environnementales
– les Statuts de l’association de gestion

Pour adhérer : Charte adhésion reçu

– Lien vers le site officiel de La Roue / association SEVE

 

La monnaie locale en trois questions

1. Qu’est-ce qu’une monnaie locale ?

Une monnaie locale est un moyen de paiement légal utilisable auprès de commerces, artisans, associations et producteurs locaux qui adhèrent à une charte et sont signataires d’une convention. Son usage encourage l’achat de biens et de services produits localement.

2. À quoi sert une monnaie locale ? Quels sont les avantages ?

  • Dynamiser économiquement le territoire qui la crée. Le rôle de la monnaie locale est principalement de permettre une relocalisation de l’économie en favorisant les échanges locaux sans dresser de nouvelles barrières douanières.
  • Augmenter « la demande » et permettre ainsi d’utiliser pleinement les ressources de productions locales.
  • Stimuler l’activité locale des circuits courts.
  • Faire circuler plus rapidement l’argent et multiplier les échanges.
  • Prôner « l’éthique » dans l’économie en lui enlevant son caractère spéculatif.
  • Favoriser une démarche sociale et environnementale, à travers les critères d’engagement des commerçants et entreprises locales.

3. Comment ça marche ?

  • La structure gérant la monnaie émet des billets spécifiques (de 1, 3, 5, 10, 20… unités).
  • La monnaie est convertible : 1 unité vaut 1 euro.
  • Les euros convertis sont déposés dans une banque éthique et constituent un fonds de garantie.
  • Des « Comptoirs d’échanges » assurent la conversion de la monnaie et fournissent l’annuaire des prestataires du réseau.

Comment participer à sa mise en place sur le Pays salonais ?

Un groupe « Monnaie Locale du pays salonais » a été créé.
Des réunions publiques seront organisées.
Si vous voulez y participer, contactez-nous au 06.27.36.14.77
ou par mail : salontransition@gmail.com

 

En savoir + :

• les monnaies complémentaires, une alternative au système bancaire
• Qu’est qu’une monnaie ?

Des exemples :

Dinar en or et dirham en argent en indonésie
Le wir, carburant de l’économie suisse
Mieux que le Forint, la « couronne du Balaton » !
L’Occitan, une monnaie locale à Pézenas (Paris Match novembre 2011)
L’Abeille : monnaie locale complémentaire à l’euro
La Roue, un exemple de monnaie locale à nos portes
La naissance du dollar
Silvio Gesell, une monnaie pleine d’intérêt
Robert Owen et les billets de travail, Grande-Bretagne (1832-1834)
L’Ithaca hour
Le miracle de Wörgl au Tyrol

Audio & vidéo

  • SOL-Violette Le SOL-Violette est la monnaie locale complémentaire (MLC) de Toulouse.
    Certes, c’est un projet SOL mais c’est néanmoins une MLC avec coupons-papier.
    Ce court reportage, passé sur Canal+, met bien en avant l’intérêt d’une MLC : pour la municipalité, pour les prestataires, pour les utilisateurs.

  • Sol Violette – l’éclosion d’une monnaie. Bande annonce du film Sol Violette- l’éclosion d’une monnaie (monnaie complémentaire de Toulouse).
  • Les monnaies locales complémentaires, le revenu d’existence. Entretien sur Radio FMR Toulouse avec Frédéric BOSQUÉ et Jean Paul PLA

  • Économie solidaire & monnaie locale (5 vidéos). De la création de la délégation à Économie Sociale et Solidaire (ESS) à Toulouse en 2008 à la création du SOL-Violette, une monnaie complémentaire comme outil pour une démarche globale.

  • L’Abeille : monnaie locale complémentaire à l’euro. Le phénomène des monnaies locales est en plein « boum » ces dernières années. Disparues dans les années 50, elles fleurissent dans de nombreuses régions et villes. On en compte aujourd’hui une dizaine. Dopées par les inquiétudes nées de la crise financière de 2008, ces monnaies complémentaires veulent développer le commerce local et revenir à l’origine même de la monnaie : l’échange de biens et services sans spéculation. La pionnière de ces monnaies se nomme « l’Abeille ». Elle existe depuis bientôt deux ans à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne.

  • L’Abeille, une monnaie au cœur du vivant. Patrick Figeac et Françoise Lenoble, coprésidents de l’association Agir Pour le Vivant, présentent la monnaie locale complémentaire de Villeneuve sur Lot : l’Abeille. Le dimanche 1er août 2010, ils tenaient un stand à la foire bio de Laparade, dans les hauteurs d’une colline dominant le Lot… et les Abeilles tournaient entre consommateurs et commerçants. Film réalisé par l’équipe des Zooms Verts.
  • Le Déodat, Une monnaie locale qui détrône l’Euro. Alors que certains parlent de la fin de l’euro, dans les Vosges une nouvelle monnaie a été créée pour relancer l’économie locale.

  • Interview de Marc Tirel sur les monnaies locales. Les monnaies locales au service du développement rural.

  • Bernard Lietaer : au cœur de la monnaie. Bernard Lietaer a derrière lui trente ans d’expériences professionnelles : haut fonctionnaire de banque centrale, Président du système de payement électronique de Belgique, et directeur général de fonds monétaires ; consultant auprès de firmes multinationales, mais aussi de pays en développement ; professeur de finance internationale à l’Université de Louvain, avant de devenir le plus haut dirigeant en charge des services d’organisation et d’informatique de la Banque Centrale de Belgique. Son premier projet, en cette fonction, a été la conception et l’implantation de l’ECU, le système de convergence vers la monnaie unique européenne. Pour l’autre côté du miroir, il a aidé des pays en développement d’Amérique latine à améliorer la solidité de leurs monnaies. Il est l’auteur de « Au Cœur de la Monnaie » et « Monnaies Régionales : De nouvelles voies vers une prospérité durable ». Plus d’informations sur ses travaux sont disponibles sur lietaer.com.

  • Celina Whitaker – monnaies alternatives. Célina Whitaker : coordinatrice nationale du projet SOL pendant la période d’expérimentation, et animatrice du collectif « nouvelles richesses ». Elle intervient en appui au projet d’observatoire de l’équité et des indicateurs alternatifs porté par le Conseil de développement économique et social du Brésil (en partenariat avec la fondation France Libertés). Elle participe à la dynamique des forums sociaux mondiaux, sur les thématiques de l’économie sociale et solidaire ou des monnaies complémentaires.
  • L’Argent d’Isaac Isitan. Une occasion pour connaître ensemble des informations et des propositions pour différentes formes de coopérations possibles. La monnaie est le sang de l’économie et le moteur de l’échange. Récemment, l’Argentine et la Turquie ont vu leurs monnaies nationales se dévaluer dramatiquement et ces pays dits riches se sont retrouvés au bord de la faillite. Emprisonnées dans une spirale d’endettement, l’Argentine et la Turquie en sont venues à se vider de leurs ressources financières à travers les privatisations et le paiement de leur dette extérieure, précipitant la « dollarisation » de leurs économies nationales. Isaac Isitan mène une enquête passionnante auprès d’économistes et décortique les mécanismes de création et de régularisation du contrôle monétaire à l’échelle nationale et internationale. Prenant comme terrain d’investigation l’Argentine, la Turquie mais aussi l’État de New York, il observe l’émergence d’initiatives communautaires alternatives et de réseaux parallèles de troc, des outils dont se dotent les citoyens pour survivre ou pour soutenir et développer les échanges locaux. Il filme les injustices pour transmettre des solutions. Son dernier documentaire se penche sur la cause des plus grandes iniquités sur cette planète.
  • Monnaies locales, wiki et interview de Jean Zin

Films sur l’argent

  • La double face de la monnaie. (présentation) L’argent est devenu la valeur centrale de nos sociétés. Comme une drogue, les individus, toujours à sa recherche, craignent d’en manquer. Beaucoup sont prêts à faire n’importe quoi pour s’en procurer. Depuis la fin des années 90, des systèmes d’échanges complémentaires sont mis en place par des citoyens un peu partout dans le monde. La monnaie redevient un outil social, au service de l’homme. Le Chiemgauer allemand, la Banque du temps anglaise et les Systèmes d’Echange Locaux (SEL) français, sont des preuves concrètes que la monnaie peut redevenir un sujet de débat dans la société occidentale. http://www.lamare.org
  • La crise du crédit pour les nuls. Explication didactique et pédagogique de la crise du crédit pour celles et ceux qui ne sont pas calés en économie.

  • L’argent dette. Ou « Money as debt », de Paul Grignon. Une vidéo édifiante sur la nature de l’argent, son origine, le fonctionnement des crédits bancaires, et plus généralement le système monétaire actuel.

  • Tirons les leçons de la crise – Radio Ici & Maintenant – Olivier Berruyer – 27 Juin 2012.
  • « Dettocratie », le documentaire qui secoue la Grèce… Dettocratie (Debtocracy / Χρεοκρατία hreokratía) est un documentaire sorti en 2011 de deux journalistes grecs : Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou. Le film traite principalement de la crise de la dette grecque de 2010, et prend pour exemple le cas de l’Equateur, et montre comment ce pays a réussi à s’en sortir grâce à un audit de sa dette et en répudiant une partie de sa dette. Les fondateurs du projet Debtocracy soutiennent que la Grèce doit suivre la même voie en commençant par créer une commission d’audit de la dette souveraine puis en sortant de l’euro. Ce film a connu un vif succès en Grèce. Près de 500 000 personnes ont visionné le film une semaine après sa sortie sur internet, plus d’un million quelques semaines plus tard. Il faut également savoir que le projet a été intégralement financé par des donations.
  • Bibliographie

    • Au coeur de la monnaie : Systèmes monétaires, inconscient collectif, archétypes et tabous de Bernard Lietaer, Editions Yves Michel
    • Monnaies régionales : De nouvelles voies vers une prospérité durable de Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, Editions Charles Léopold Mayer
    • De l’innovation monétaire aux monnaies de l’innovation de Jean-Michel Cornu, FYP EDITIONS
    • Une monnaie nationale complémentaire : Pour relever les défis humains et écologiques Philippe Derruder , André-Jacques Holbecq, Editions Yves Michel
    • Expérimentation d’une monnaie complémentaire locale. Étudiants à Télécom Bretagne – Groupe 35 : Cécile Abraini, Hamza Elkhalloufi, Baptiste Navez, Mehdi Nemri, Romain Russier Da Teng. Encadrants : Myriam Le Goff-Pronost, Inna Lyubareva et Éric Cousin. Client : Chrysalide. Soutien : l’ADESS (État de l’art, Année scolaire 2010/2011. A l’attention du groupe de pilotage)
    • Aux origines de la monnaie sous la direction d’Alain Testart, édition errance, 2001

Le miracle de Wörgl au Tyrol

MONNAIES LOCALES (Article tiré du Hors-série « SILENCE – SEL : Pour changer, échangeons » – Pages 8 & 9)

Ce hors-série est diffusée par Silence.

Voici un exemple concret qui montre l’efficacité étonnante d’une monnaie servant uniquement de moyen d’échange, à l’opposé de l’argent thésaurisable, malheureusement si peu efficace.

Dans la vallée de l’Inn, en Autriche (Tyrol), sur la ligne d’Innsbruck à Kufstein, se trouve un gros village hier connu seulement de quelques touristes et qui, aujourd’hui, est en train de devenir célèbre dans les deux hémisphères.
En 1932, Wörgl, avec environ 4300 habitants et plusieurs usines, se trouvait dans une situation économique tout à fait déplorable, comme partout en Autriche, en Allemagne et dans le monde entier.
C’est ainsi que 3500 personnes se trouvaient à l’assistance publique dont 1500 chômeurs enregistrés. Les finances publiques étaient dans une situation catastrophique car les fabriques étaient abandonnées et le commerce stagnait. La misère la plus noire régnait, ainsi qu’une grande détresse humaine. Les arriérés d’impôts locaux s’élevaient, de 1926 à 1931, à environ 118 000 schillings et les recettes fiscales diminuaient constamment.

M. Unterguggenberger, maire de Wörgl, avait connaissance des expériences de monnaie franche selon Silvio Gesell. Il organisa un Comité d’urgence municipal, afin de créer des emplois. Très intelligemment, il comprit qu’il fallait expliquer aux membres du Comité comment on pouvait sortir de la crise et encore effectuer beaucoup de travaux publics nécessaires. Mais, puisque malheureusement la commune ne disposait pas d’argent, tout en ne pouvant en fabriquer elle-même, il proposa que la commune de Wörgl fasse imprimer des attestations de travail d’une valeur de 1, 5 et 10 schillings. Et qu’elle paye ainsi les employés et les ouvriers de la municipalité. Ces attestations seraient dénommées exactement « bons de premiers secours de Wörgl, certificat de travail en valeur ».
Ceux-ci ne seraient pas vraiment de l’argent au sens habituel mais devraient avoir valeur locale de moyen d’échange général. Mais ils seraient grevés d’une taxe de 1% par mois pour avoir comme effet naturel une circulation ininterrompue et constante des bons.
Comme le Comité de secours municipal était constitué en particulier d’hommes d’affaires, d’entrepreneurs et d’employés de banque, tous les conseillers municipaux prirent donc connaissance de la possibilité d’écarter la terrible crise de déflation. Ils purent ainsi prendre leur décision.
Conformément à un plan d’action décidé à l’unanimité du conseil, le 1er août 1932, 30 000 schillings furent émis sous forme de certificats de travail.
Mais on s’aperçut bientôt que ce montant avait été considérablement sur-estimé par rapport aux besoins véritables. C’est pourquoi, par la suite, près des deux tiers de cette somme furent retirés de la circulation et mis en réserve, de telle manière qu’en réalité ce n’est qu’environ 9000 schillings qui ont été mis en libre circulation, en tant que bons de travail.
Cette mesure très adroite de l’administration municipale se révéla très avantageuse. Car de cette manière le pouvoir d’achat de cette monnaie – les bons de travail – restait au même niveau que le schilling officiel. Chaque mois la retenue de 1% était concrétisée à l’aide de timbres collés sur les certificats. Ces timbres étaient vendus par la commune et apportaient donc une recette fiscale nette.

Plein emploi et consommation

Quel fut le résultat de l’introduction de ce moyen d’échange (les bons de travail qui se trouvait ainsi mis en circulation forcée ? Premièrement, les chômeurs obtinrent presque tous du travail et retrouvèrent par la même occasion un pouvoir d’achat. L’usine de cellulose embaucha 350 ouvriers. La fabrique de ciment 400. Une plage à aménager requit 200 ouvriers. On construisit des routes et des canaux. Les travailleurs reçurent des salaires. Dans les magasins, on acheta de nouveau. Partout l’on commença à s’enrichir, puisque le nouvel argent remplissait son devoir naturel, en circulant sans arrêt dans la population. En 1932, les recettes fiscales passèrent de 93 000 à 121 000 schillings sans augmentation d’impôt. Les lourds arriérés furent en grande partie réglés. Des paiements anticipés d’impôts pour 1933 furent même effectués ! La municipalité put créer des emplois de fonctionnaires, toujours sans emprunts ni augmentation d’impôts, alors que seule-ment 9000 schillings avaient été émis sous forme de bons de travail, mais avec une dynamique intrinsèque. C’est ainsi que « l’argent générateur de prospérité », comme l’appelait le professeur américain d’économie politique Irving Fisher, fit son effet.
Mais en janvier 1933, le gouvernement du Tyrol, par ordonnance du bureau du chancelier fédéral d’Autriche, interdit l’émission de ces bons de travail. Le conseil municipal de Wörgl décida de porter plainte en référé contre cette interdiction, auprès du tribunal administratif. Dans sa plainte, il exposa que, grâce à cette monnaie franche, la commune avait pu faire rentrer la totalité des arriérés d’impôts des années écoulées ; qu’ultérieurement, la recette fiscale de la ville avait augmenté de plus de 17 000 schillings sans aucune augmentation d’impôts ; que la commune avait pu mener à bonne fin une série de travaux importants, restés en souffrance ; que le chômage avait pu être à peu près totalement résorbé.
Enfin, l’avocat de la commune souligna qu’il ne s’agissait pas de numéraire proprement dit dans l’émission de monnaie franche puisqu’il manquait aux bons le caractère le plus important d’un billet la possibilité de thésaurisation.
Un fait particulier mérite d’être signalé : le professeur d’économie politique Irving Fisher, à l’université de Yale (Etats-Unis ), avait envoyé en décembre 1932 ses assistants à Wörgl pour étudier cette expérience. Un des assistants de son institut, Hans Cohrssen, prononça le 17 février 1932, à la radio de New-York, une grande conférence pour toute l’Amérique du Nord sur cette expérience de monnaie franche. Il dut la recommencer deux fois. Finalement, sous la direction du professeur Fisher et sur l’exemple de Wörgl, de tels certificats de travail furent émis comme argent de secours dans 22 Etats des Etats-Unis, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de villes comptant plusieurs millions d’habitants.

Un jugement tranché

Le tribunal administratif rejeta la plainte de la municipalité de Wörgl, n’émettant néanmoins pas de jugement sur le fond, dans la mesure ou cela concernait un domaine de théorie financière et ou cette plainte exposait la nécessité et l’effet favorable de ces bons. L’autorité avait perçu dans la démarche de la municipalité de Wörgl une contradiction à la loi, en ce que les bons représentaient des assignats de numéraire utilisés comme monnaie. Ainsi le droit exclusif de la Banque Nationale d’émettre des billets de banque avait-il été violé.
Pour le tribunal, les bons n’étaient pas acceptés pour leur valeur mais à cause de leur faculté être ultérieurement transmis comme moyen d’échange. C’est pourquoi ils avaient pris la fonction des pièces de monnaie ou des billets. Même si leur valeur oscillait à l’intérieur d’un certain laps de temps à cause de la taxe, ils avaient en réalité une valeur et pouvaient trouver emploi ailleurs qu’à Wörgl, quand des gens qui n’y habitaient pas avaient à y effectuer des paiements aux commerçants ou aux habitants de cette ville.
En fait, l’explication du tribunal administratif est particulièrement caractéristique en ce sens qu’il a refusé d’emblée de prendre connaissance de l’effet extraordinairement bienfaisant procuré aux gens de la commune et au peuple en général. Par ailleurs, aucun dommage n’a été causé à quiconque. Mais le tribunal a énoncé sans vergogne tout un paragraphe législatif et a constaté qu’ici il y a eu infraction à la loi. Et peu importe si, par cette interdiction, la famine et la misère du chômage allaient réapparaître dans la commune de Wörgl.
Aujourd’hui à Wörgl, un pont porte l’inscription « construit en 1933 avec l’argent libre », une rue porte le nom de Silvio Gesell.

Un modèle qui dérange

Cet exemple pratique concernant le système monétaire nous offre des leçons très importantes. Il faut admettre qu’un moyen d’échange pur qui a perdu tout attrait de thésaurisation grâce à une taxe d’immobilisation, ne peut avoir qu’une influence bénéfique tout à fait étonnante sur le circuit économique. Mais il y a nécessité absolue et évidente que cet argent – pur moyen d’échanges – ne soit émis que par l’Etat et soit indexé. Seule une gestion indexée de la monnaie peut garantir le pouvoir d’achat de celle-ci. Si un Etat règle son système monétaire de cette manière, il apporte à son peuple « l’argent qui fait la prospérité » (selon l’expression du professeur I. Fisher) sans déflation ni inflation, avec des conséquences favorables à peine imaginables du point de vue économique et social. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que, dans relativement peu de temps, d’autres Etats suivent un tel modèle.

Alain LEMAITRE

L’Ithaca hour

SILENCE Hors-série – SEL: POUR CHANGER, ECHANGEONS

A Ithaca, dans l’Etat de New York, près de 1500 boutiques et entreprises acceptent les « Ithaca hours « . Une monnaie qui permet d’échanger des biens et des services produits localement. Une manière de rendre l’économie humaine et écologique.

Les Ithacas hours sont la meilleure chose qui soit arrivée dans notre cité depuis l’invention du pain en tranche », lançait récemment Michael, graphiste, a Jean-Paul Dubois, journaliste au Nouvel Observateur, parti en reportage a Ithaca (1). « Cela reflète notre philosophie, stimule notre agriculture, notre artisanat, et responsabilise nos vies », ajoutait Joe, marchand de disques.
D’autres encore témoignaient de leur enthousiasme, évoquant les multiples aspects positifs des Ithacas hours: « Grâce à cette monnaie locale, notre argent reste ici et nous nous entraidons, plutôt que d’enrichir des multinationales », disait Danny, électricien. « Cette organisation parallèle crée un lien de solidarité et donne notamment la possibilité a des chômeurs de trouver un emploi », ajoutait Dave, professeur d’économie. « Cette forme de troc nous permet, a ma femme et a moi de manger plus souvent au restaurant », renchérissait Charlie, fabricant de tambours. Quant à Bill et Cris, marchands de légumes, ils expliquaient ravis: « Grâce à cet argent local, davantage de gens achètent des produits du terroir. Cela a fait augmenter nos ventes et nous nous offrons désormais des petits luxes que nous n’aurions jamais pu nous payer en dollars ».

Une monnaie non spéculative

Tout a commencé dans la tête de Paul Glover, ancien publicitaire et journaliste, diplômé de gestion municipale. En 1991, il observe les mouvements de l’argent dans sa ville, Ithaca. Il y remarque les dégâts classiques du capitalisme: de grandes sociétés multinationales et des chaînes de magasins envahissent le marché, pompent l’argent local et le réinvestissent ailleurs, menaçant ainsi productions et emplois locaux. Paul Glover, tenant d’un nouvel ordre économique basé sur les échanges de proximité, et écologiste jusqu’au bout des doigts, se rend compte alors que le seul moyen de permettre à l’économie locale de bénéficier de l’argent local et de désamorcer la pompe a fric et a spéculation, est de créer une unité monétaire que l’on ne pourrait gagner et dépenser que dans la ville. Il passe alors de la réflexion a l’action et imprime lui-même des billets dont la va-leur unitaire est l’Ithaca hour.
L’intérêt du système, les 30 000 habitants de la ville et les 40 000 étudiants de l’université toute proche, l’ont compris progressivement. Au début, une petite centaine de commerces acceptaient la nouvelle monnaie. Aujourd’hui, ils sont 15 fois plus nombreux. Leur adresse est reprise dans une publication remise à jour tous les deux mois.
Paul Glover explique comment cela fonctionne : « Le billet de base, l’lthaca hour, vaut 10 dollars, ce qui représente en gros le salaire moyen horaire payé dans cette ville. Prenons maintenant un fermier qui vend pour 20 dollars de fromage. A la place de la monnaie nationale, il reçoit donc deux heures de travail gratuit. Avec ce petit capital, il achète par exemple les services d’un menuisier qui lui-même fait appel au savoir-faire d’un mécanicien, lequel utilise ces heures pour payer son chiropracteur, qui lui se sert de ces billets pour s’offrir quatre places de cinéma, et ainsi de suite. C’est un système sans fin qui grandit de lui-même, une économie écologique, en vase clos, qui s’écarte du dollar et ou le temps de travail réel remplace les liquidités abstraites ». A Ithaca, en effet, on peut maintenant se procurer presque tout : des consultations médicales, des services divers, des spectacles, des dîners, des meubles, etc.
Le système est aujourd’hui bien hui-lé. La librairie Autumn Leaves assure le rôle de banque centrale. C’est la que les gens peuvent échanger leurs dollars en Ithaca hours. Par contre, l’inverse n’est pas possible, spéculation et inflation étant bannies du système, par principe. La « banque » émet de nouveaux billets chaque fois que c’est nécessaire et remplace ceux qui sont endommagés. Par ailleurs, des coupures de deux heures, d’une demi-heure, d’un quart d’heure et d’un huitième d’heure ont rejoint les coupures initiales d’une heure. En-fin, pour éviter la falsification de cette monnaie locale, l’imprimerie a mis au point une encre qui change de couleur des que l’on frictionne les billets.

Encouragements et émules

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le système des Ithaca Hours semble ne pas provoquer de levées de boucliers majeurs dans les milieux politiques. Au contraire. La mairie et la chambre de commerce ont avalisé la devise et une grande banque facture même certaines de ses charges et quelques frais de crédit en Ithaca Hours ! De plus, le procureur du Comté a récemment annoncé que les auteurs de la contrefaçon d’Ithaca Hours seraient punis aussi sévèrement que ceux qui falsifient les dollars ! On croit rêver !
Quant aux multinationales et grandes surfaces, certaines ont déjà compris combien elles ne feront plus vraiment leur beurre avec les habitants d’Ithaca. Mac Donald à ainsi du ranger ses hamburgers et liquider son enseigne du centre ville, les clients se pressant tout à côté dans la sandwicherie d’un artisan local acceptant les Ithaca Hours ! Des brioches à l’ancienne y ont depuis lors remplacé la nourriture fast-food… pour le plus grand plaisir de ceux qui aiment à re-trouver enfin la saveur des bonnes choses, à un prix tout à fait acceptable.
A Ithaca, on estime que l’équivalent de deux millions de dollars en Ithaca Hours circulent dans la ville. Le succès du système, ce sont évidemment les habitants qui l’ont créé. Devant une telle réussite, on ne peut rester que pantois. Oui, aux Etats-Unis, au pays de l’argent-roi, des groupes de citoyens, des populations instaurent un système économique et bancaire alternatif. Sans doute est-ce le ras-le-bol d’une société matérialiste à deux vitesses qui explique ce sursaut. Comme le confiait Paul Glover « l’Ithaca hour est une monnaie réelle dont la contrepartie représente le travail palpable de gens qui existent, tandis que le dollar est une monnaie de Monopoly, des espèces dépecées de toute matérialité, qui n’ont plus d’équivalent or ni même argent, mais seulement celui d’une dette nationale de 5 200 milliards de dollars. En Amérique, le plus grand fabricant de fausse monnaie, c’est l’Etat ! « .
Ithaca est certainement un « cas ». Mais il n’est plus isolé. Ce système de monnaie locale fait des émules dans d’autres villes des Etats-Unis (25 dont Santa Fe, King-ston) mais aussi par delà le continent. Une banlieue de Mexico devrait bientôt tenter l’aventure depuis que Paul Glover a rencontré des Zapatistes désireux de créer une nouvelle forme d’économie et de sortir des circuits classiques de l’argent… D’autres expériences devraient suivre, notamment en Afrique. « Cette forme de troc est aussi très intéressante pour des pays pauvres », assure Paul Glover, heureux de voir son système traverser les continents.

Joëlle Delvaux

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